Carnets
d’un Grand-Maître Diagnostiqueur
et pourfendeur des scléroses maçonniques, Jean Verdun a
été élu Grand Maître pour obtenir des réformes.
Les Carnets d’un Grand Maître détaillent au mois le
mois l’épuisante action qu’il a menée au service
de la Grande Loge de France entre 1984 et 1988. |
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Quand
il publie ses carnets, Jean est très optimiste. Les dernières
lignes, datées de juin 1988, expriment parfaitement ce qu’il
ressent sur le débarcadère de l’île qu’il
a choisie (Céphalonie) pour fêter sa descente de charge :
« Je descends à terre en vacillant un peu. Rien nulle part
ne me fait signe. Tout dort. Je suis livré à mon étroit
destin. Vraiment personne sur ce quai ? Comment cela est-il possible ?
Une si petite île pour un si grand voyage. » Les carnets nous relatent ce long voyage dans l’espace et entre les hommes. Jean écrit : « Nul ne peut aller en goguette à la Grande Maîtrise. » Il savait ce qui l’attendait quand il s’est présenté à l’élection, mais il en a fait beaucoup plus qu’il n’avait prévu. Au Pérou, au Togo, à Madagascar, à l’île Maurice, à l’Élysée, il rencontre les chefs d’État. Lorsqu’il ne voyage pas à l’étranger, il est reçu par le maire la ville où il se rend chaque fin de semaine pour un congrès, la création d’une nouvelle loge, le jubilé d’un dignitaire ou des cérémonies d’anniversaire de loges. Il combat la politisation du Grand Orient de France, obédience soeur. Il refuse cette Franc-Maçonnerie d’État qui fait de la conquête personnelle du pouvoir la raison mal dissimulée de l’activité des loges. |
| Les Carnets d’un Grand Maître constituent une contribution essentielle pour les historiens qui voudront comprendre les années qui ont précédé les crises maçonniques de 1995-1997. Jean s’y est frotté à « la belle et rugueuse réalité ». Il raconte ses joies et déboires en refusant de se laisser bâillonner par la peur de fâcher quelques-uns. Il veut éclairer les enjeux. Il qualifie lui-même son livre de « mise à nu sous la lumière » et, au-delà de la contribution pour l’histoire du Temps présent, ces carnets vibrent d’une sincérité inattendue dans un semblable ouvrage. Son ton est celui de L’Enfant nu. Son art est celui de l’exactitude célébrée par le Maître dans l’Architecte. La confidence est parfois retenue par le devoir de réserve, mais la transcription très travaillée de ces notes prises au mois le mois témoigne de la liberté d’un esprit qui a su préserver toute sa spontanéité créatrice. |
Carnets d’un Grand Maître
Morceaux choisis Novembre 1985 Carnets d’un Grand Maître. |