L’Empereur de rien
Morceau choisi
Le Caméraman. Le Grand Pan est mort !
Lecoeur. Il n’est pas mort, il reviendra.
Alma. Ohé d’Athènes, ohé d’Olympie, ohé de Delphes, le Grand Pan est mort ! Ohé de Naxos, le Grand Pan est mort ! Allez-y, criez comme moi. Proclamez, répandez la parole du glas. Il faut aussi que nous soyons entendus du sommet de l’Olympe. Ohé du symposium, le Grand Pan est mort !
Lecoeur. Il n’est pas mort, il reviendra. J’enseignerai qu’il reviendra.
Le Caméraman. Ohé de l’Himalaya, le Grand Pan est mort ! Ohé de Lhassa, ohé de Bénarès, ohé de Tokyo, de Kyoto, de Bangkok, de Beijing, ohé de Shangaï, ohé de Timor, ohé de Ceylan, le Grand Pan est mort.
Lecoeur. Il n’est pas mort, il reviendra. J’enseignerai qu’il reviendra.
Martine. Eh bien tant mieux s’il est mort ! Ohé de Rome, ohé de Lourdes, ohé de Lisieux, ohé de Courcelles, ohé de Séville, ohé d’Avila, le Grand Pan est mort !
Alma. Plus fort. Faites-vous entendre. Ohé de La Mecque, ohé de Jérusalem, Grand Pan est mort !
Lecoeur. Il n’est pas mort, il reviendra. J’enseignerai qu’il reviendra. Il n’est pas mort, il reviendra. J’enseignerai qu’il reviendra.
Le Caméraman. Ohé de San Fransisco, ohé de Rio…
Alma. Pas Rio ! Ne désespérez pas Rio.
Le Caméraman. Ohé de Boston, ohé de New York, ohé de Baton-Rouge, le Grand Pan est mort !
Nick. Ohé, les filles d’Aphrodite, le Grand Pan est mort.
Lecoeur. Il n’est pas mort, il reviendra. J’enseignerai qu’il reviendra.
Martine. Tu n’en as pas le droit, Jean Lecoeur. Reste laïc. Il est mort, il est mort et, moi, je dis que c’est tant mieux.
Alma. Le Grand Pan est mort ! Hourra ! Nous voilà repartis pour trente-trois ans de monothéisme !
Voix en écho. Le Grand Pan est mort ! Le Grand Pan est mort !
Canelle. Ohé de Belleville, ohé de Ménilmontant, le Grand Pan est mort.
Nick. Mais toi, tu vis, Canelle, et je t’aime.
L’Empereur de rien, page 124.