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L’Enfant
nu Récit autobiographique (Julliard 1966 – Grancher 1997) Quand, début 1966, Jean eut achevé l’écriture du long récit de son adolescence, il le soumit à Michèle, car elle en était le personnage central. Michèle demanda un nombre infime de retouches, mais supplia Jean de présenter le livre comme un roman. Ce fut donc sur manuscrit achevé, prêt à partir chez l’éditeur, que Jean débaptisa les noms de lieux. Aix-en-Provence devint Aiguières, le domaine de la Trévaresse, le domaine de l’Aurige, Le Tholonet, les Terres rouges. Peu importa dès lors que la ville de Digne devînt Allos, préfecture sur les bords de la Durance au lieu de la Bléone. Le boulevard Gassendi de Digne se transforma en boulevard Galilée, mais Jean tint à conserver le nom de l’hôtel du Grand-Paris où le pensionnaire du lycée retrouvait Michèle. |
La
modification des noms de lieux ne changea pas la nature scrupuleusement
autobiographique de l’ouvrage, mais elle donne au lecteur non averti
l’impression d’une œuvre d’imagination qui ne respecte
pas les règles du genre. Pourquoi ce faux détachement ?
À quoi rime ce lyrisme bridé ? Comment s’articulent
ces raccourcis qui ressemblent à des fuites et ces développements
qui s’attardent ? |
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| Pierre-Henri Simon, le critique académicien du Monde, déclare que l’histoire d’amour est alourdie par les circonstances sociales : « le lecteur est toujours dans le trop ou le trop peu ». L’Académicien n’a même pas l’intuition que tout est volontaire dans ce livre, vécu et réfléchi comme on dit d’un miroir qu’il réfléchit. « Pourtant, poursuit-il, Jean Verdun est un romancier, il crée des atmosphères, il invente des personnages. » C’était exactement ce qu’il ne fallait pas écrire.
La raison d’être
de L’Enfant nu échappe aux professionnels de la littérature,
mais elle saute aux yeux des mères. Avec peu de lecteurs et beaucoup
de lectrices, Jean a magnifiquement réussi à établir
entre des mamans inconnues et le jeune garçon qu’il a été
la relation qu’il n’a pas eue avec sa propre mère.
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