Jacqueline Diethelm

Jeanne Diethelm, mère de Jean, était la sœur d’André Diethelm, parti pour Londres en 1942 et que le général de Gaulle choisit pour en faire son Ministre de la Guerre dans le gouvernement provisoire de la Libération.

Jean connut très peu son oncle, grand personnage inabordable, mais après sa mort prématurée en 1953, il se lia étroitement avec sa veuve, Jacqueline Diethelm. Femme d’une très subtile intelligence et passionnée de politique, elle entretint des relations suivies avec Mme de Gaulle jusqu’au retour au pouvoir du Général en 1958.

Jacqueline Diethelm au mariage de Jean.
A sa gauche, Léon Martinaud-Déplat, député d'Aix-en-Provence,
qui sera Garde des Sceaux quelques mois plus tard.

 

Les deux femmes prenaient le thé ensemble et le Général quittait son bureau pour les rejoindre un moment. Il se plaisait à écouter Jacqueline lui rapporter ce qu’elle avait glané d’informations susceptibles de le servir.
Tout à l’opposé d’une mondaine, Jacqueline aimait les tête-à-tête, chez elle ou dans des restaurants où elle fut pendant des années l’invitée de très nombreux hommes politiques de droite et de gauche, de financiers, de militaires et de ces personnalités, dont elle disait en confidence à Jean qu’il s’agissait d’hommes tout puissants dans l’ombre.
Tante Jacqueline exerça sur son jeune neveu qu’elle avait pris en affection une influence déterminante. Ils se virent très souvent, presque toujours en tête-à –tête.
Elle voulait former Jean. Elle s’efforçait de le faire accéder à une vision élargie de la société, car elle le trouvait trop empêtré de littérature. Jean fréquenta ainsi pendant des années le fameux 31 Boulevard Malesherbes. S’y croisèrent ou s’y rencontrèrent bien des hommes d’influence, certains de premier plan, séduits comme l’était Jean par cette femme originale, curieuse de tous les aspects de la vie publique, ouverte aux idées diverses, mais à la condition que ses interlocuteurs soient des hommes responsables et suffisamment réfléchis pour assumer les conséquences politiques et sociales de leurs idées.
Elle parlait longuement avec Jean de ses relations disparates, car elle voulait fortifier son jugement de jeune homme inflammable.
Elle n’échappait pas aux intrigues, à la transmission de messages ou aux missions secrètes, en particulier lors du retour au pouvoir du général de Gaulle et pendant la guerre d’Algérie. Cela donnait encore plus de prix pour Jean à sa conversation toujours neuve et rebondissante
On trouve la tante Jacqueline dans La Réalité maçonnique et La Nouvelle Réalité maçonnique. Jean y reconnaît l’influence directe qu’elle a eue sur son entrée en Franc-Maçonnerie
Tante Jacqueline a par ailleurs beaucoup de ressemblance avec le personnage d’Émilienne Daillon du roman Le Carnaval du Père-Lachaise.