Les Jeunes loups
Roman (Julliard 1956)

Premier roman publié et publié avec allégresse : un livre de jeunesse sur la jeunesse et la révolte de quelques jeunes, bien plus, en vérité, jeunes chiens que jeunes loups.
On peut voir dans ce roman une préfiguration de mai 68, mais les événements imaginés par Jean Verdun autour d’une révolte de quelques jeunes n’ont pas l’ampleur et les retombées politiques des débordements qui auront lieu 12 ans plus tard. C’en est, si l’on peut dire, une maquette ou un modèle réduit.


La critique accueille très bien cet auteur débutant. Kléber Haedens lui consacre un bel article dans un des grands journaux du soir où il écrit :
« Jean Verdun, nous dit son éditeur, n’a pas tout à fait vingt-cinq ans. Qu’il ne soit pas encore dégagé, dans son premier livre, de toute influence littéraire, il n’y a vraiment pas lieu de s’en étonner. Ce que nous remarquons avant tout, dans son roman, c’est l’aisance du récit, la vérité des dialogues et des personnages, la rapidité et la justesse de l’observation. On lit Les Jeunes loups d’un bout à l’autre avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Et nous trouvons là le célèbre mélange d’ironie et de tendresse dont on parle si souvent et que l’on a si rarement, en fin de compte, la chance de rencontrer. »
Les Jeunes loups
Morceau choisi

Voudriez-vous connaître Raoul Mas ? Vous ne m’avez pas prise au sérieux quand je vous ai parlé de la révolte des jeunes. Vous avez cru qu’il s’agissait de paroles en l’air. Mais nous avons créé une Ligue. Nous sommes plusieurs centaines. Nous avons un chef. Vous ne me croyez pas ?
- Une Ligue ?
- Oui, une vraie Ligue qui réunit tous ceux qui veulent que cela change, qui pensent comme nous. Vous devriez venir aux conférences de Raoul ; il est très intelligent ; il parle très bien.
- Mais que veut cette ligue ?
- Je vous l’ai dit. Que l’on reconnaisse les droits de la jeunesse. Nous allons avoir un journal. Nous sommes une véritable organisation.

Les Jeunes loups, page 99.