Michèle

Michèle est la fille d’un Conseiller à la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence, ami du père de Jean Verdun depuis leurs études de droit communes.
Jean a toujours connu Michèle, mais sa passion pour elle date de 1942. Elle va durer jusqu’en 1949 puis, quand ils seront mariés tous les deux, chacun de leur côté, une relation amicale soutenue se prolongera encore 30 ans, jusqu’au départ de Michèle pour les USA. un peu avant 1979. De 11 ans à 18 ans, Jean se soumet tout entier à cette jeune fille, son aînée de six ans, Il subordonne toute chose à ce qui la passionne et il vénère ses jugements les plus excessifs, voulant lire ce qu’elle lit, aimer ce qu’elle aime, refuser tout ce qu’elle condamne.
Éducation sentimentale, bien sûr, mais plus encore audace sentimentale. Tout le monde autour d’eux la traite de folle, mais Jean ne la glorifie que davantage. L’avoir conquise, alors qu’il est si jeune, elle qui n’obéit à rien ni à personne, développe chez Jean la conviction de devoir demeurer lui-même et pour toujours un être à part, hors de toute convention sociale, rebelle au banal et aux normalités. Il lui en restera toujours quelque chose.

Même quand Jean Verdun semblera tout à fait intégré à la société, il apparaîtra qu’il s’est ménagé des portes de sortie.
Jouer le jeu social n’a jamais voulu dire pour Jean Verdun qu’il est entré tout entier dans ce jeu.
Michèle n’apparaît dans aucun des romans de Jean qui lui a seulement réservé la place d’honneur de L’Enfant nu.