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Mille
matins d’été Une
île de la Méditerranée, sous le soleil. Encore à
l’écart de tout. |
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Et que signifie la mort de l’un d’eux, retrouvé écrasé au pied d’une falaise ? |
Nicole en Grèce |
| À la demande qui lui fut faite par un journaliste : « Si tout ce que vous avez écrit devait disparaître, quel texte de vous souhaiteriez-vous à tout prix préserver ? » , Jean a répondu : « Tous nos textes disparaîtront, cher Monsieur, un peu plus tôt ou un peu plus tard, tous, et il n’y aura pas d’exception, même pour Sophocle ou Aristophane. Si vous voulez néanmoins conserver l’un des miens, que ce soit ma description de l’île dans les premières pages de Mille matins d’été. En les écrivant, j’avais la grâce et tellement d’amour pour ce pays. » |
| Mille matins d’été Morceau choisi De grand matin, les mois d’été, les collines du nord de l’île se couvrent d’un voile aux transparences laiteuses, tandis que, partout ailleurs, c’est une profusion d’ocres, de jaunes, de bruns, de verts sombres, de mauves. À l’est, du côté bleu de la mer, monte le soleil. Il est Dieu comme une mouette est oiseau. Il enseigne un rite quotidien et, dès qu’il a pris de la hauteur, l’horizon, sous lui, devient rond : une ligne tremblée, mais qui dessine un cercle. On ne peut vivre dans l’île sans accepter ou rechercher une métaphysique de la sphère et chacun s’en va, un jour ou l’autre, vers les collines de l’intérieur à la découverte du point central d’où le Tout serait révélé. Mille matins d’été, page 9 |