Mille matins d’été
Roman ( Robert Laffont 1973)

Une île de la Méditerranée, sous le soleil. Encore à l’écart de tout.
Laurence et Lucien, seuls étrangers de l’île, y passent pour la quatrième fois leurs vacances dans la maison qu’ils ont construite au bord de l’unique plage.
Un matin, sous le soleil neuf, ils se sont amusés à calculer que, si tout va bien, ils pourront encore vivre ici mille matins d’été dans la même paix et le même bonheur.


Et voici que le lendemain, à la première heure, ils découvrent sur leur plage quelques jeunes gens endormis. Est-ce le début de l’invasion ? Cela sans doute et bien autre chose. Au contact de ces garçons et de ces filles, jeunes, beaux, nus et libres, la vie du couple est mise en question.

Et que signifie la mort de l’un d’eux, retrouvé écrasé au pied d’une falaise ?
Une île, le soleil et la mer. La jeunesse et l’âge adulte. Une rencontre et un choc. Des questions et des interrogations.
À la différence de Laurence et Lucien, Nicole et Jean Verdun n’ont pas construit une maison pour eux dans une île, mais ils ont aimé passionnément la Grèce où ils sont allés très souvent. Un jour, dans l’avion qui les ramenait à Paris, Jean a pointé sur une carte toutes les îles grecques où ils avaient passé au moins une nuit. Il en a dénombré 35.

Nicole en Grèce

À la demande qui lui fut faite par un journaliste : « Si tout ce que vous avez écrit devait disparaître, quel texte de vous souhaiteriez-vous à tout prix préserver ? » , Jean a répondu : « Tous nos textes disparaîtront, cher Monsieur, un peu plus tôt ou un peu plus tard, tous, et il n’y aura pas d’exception, même pour Sophocle ou Aristophane. Si vous voulez néanmoins conserver l’un des miens, que ce soit ma description de l’île dans les premières pages de Mille matins d’été. En les écrivant, j’avais la grâce et tellement d’amour pour ce pays. »

Mille matins d’été
Morceau choisi

De grand matin, les mois d’été, les collines du nord de l’île se couvrent d’un voile aux transparences laiteuses, tandis que, partout ailleurs, c’est une profusion d’ocres, de jaunes, de bruns, de verts sombres, de mauves. À l’est, du côté bleu de la mer, monte le soleil. Il est Dieu comme une mouette est oiseau. Il enseigne un rite quotidien et, dès qu’il a pris de la hauteur, l’horizon, sous lui, devient rond : une ligne tremblée, mais qui dessine un cercle. On ne peut vivre dans l’île sans accepter ou rechercher une métaphysique de la sphère et chacun s’en va, un jour ou l’autre, vers les collines de l’intérieur à la découverte du point central d’où le Tout serait révélé.
Mais où est-il ?

Mille matins d’été, page 9