Publiée sous le titre Mieux que nos pères, cette pièce, écrite au printemps 2001, a vu son titre vampirisé par le personnage de Tibi.
Elle a été créée en avril et mai 2003 au Stages Theatre d’Hollywood, Los Angeles, dans une traduction rigoureuse de Robert Cohen et David Carroll avec Saul Williams dans le rôle de Tibi et Erinn Anova dans celui de Mara, mise en scène de Robert Cohen.
Promue "Pick of the week" dès la deuxième semaine par le Los Angeles Weekly, Tibi’s Law a permis à Saul Williams d’obtenir pour son interprétation de Tibi le Prix du meilleur acteur de théâtre de l’année 2003 (Best Actor of the Year).



Tibi
Tibi’s Law

Mieux que nos pères
Théâtre, Detrad 2001

au Stages Theatre, Hollywood, Los Angeles : Saul Williams (Tibi) et Erin Anova (Mara) (Photos Lot)

Robert Cohen, qui a réalisé plus de cent mises en scène, est professeur de théâtre à l’Université d’Irvine à Los Angeles. Il avait lu Mieux que nos pères dès sa parution et demandé aussitôt les droits. (www.robertcohendrama.com/plays-translations/tibislaw.html)

 

Le texte intégral en anglais de Tibi’s Law avec les photos de Laurencine Lot a été publié par la revue Forum-Theatre de Los Angeles en mars 2004 et par Plays international de Londres en décembre 2004.

La pièce a par ailleurs été représentée en novembre 2004 à Accra au Ghana dans une mise en scène de Mohammed Ben Abdallah.

Aux mêmes mois d’octobre et novembre, la pièce était mise en répétition dans une scénographie de Régis Lang avec Bruno Netter dans le rôle de Tibi et Monica Companys dans celui de Mara. Bien que le personnage de Tibi ait été conçu par Jean Verdun comme un diseur africain, Bruno Netter, animateur de la "Compagnie du 3ème
Oeil", veut apporter au rôle une dimension encore plus universelle.

« C’est une pièce pour tous ceux qui sont dans le noir » dit Bruno Netter. Elle sera donc créée en France par lui en avril 2005. C'est ainsi que le personnage de Tibi, maître des cérémonies dans le cimetière d'un bidonville africain et diseur traditionnel, a trouvé un troisième interprète après ceux de Hollywood et d'Accra.
Mieux que nos pères n’est, en effet, pas seulement une pièce sur le colonialisme et les ravages de la misère en Afrique. « Nous ferons mieux que nos pères » se promettent Tibi et Mara, en évoquant le souvenir de leurs malheureux pères, victimes consentantes du colonialisme.

Benjamin Kwadey (Tibi)
et Vera Akosua Bonney (Mara)
Tibi's Law
à Accra, au Ghana, en 2004.
Mise en scène de Mohammed Ben Abdallah.

 

 

Bruno Netter et Monica Companys
en répétition dans les rôles de Tibi et de Mara
à Angers, 2005 (Photo Lot).

« La Loi de Tibi », (Tibi’s Law) titre qu’a préféré Robert Cohen pour sa traduction de Mieux que nos pères évoque une autre dimension de la pièce. Cette loi formulée par Tibi, l’humble maître des cérémonies d’un bidonville d’Afrique ou d’ailleurs, il la compare avec fierté à celles de Newton, Archimède ou Euclide et il l’exprime à sa façon : « En humanité tout finit par faire pyramide. Plus vous augmentez la richesse au sommet, tout en haut de la pyramide, plus vous élargissez son assise de misère absolue ; »
Tibi et Mara devront faire mieux que leurs pères pour que la Loi de Tibi cesse d’être d’une intense et cruelle actualité à Los Angeles, à Londres ou à Paris.

Témoignages de spectateurs :
Près de deux heures ont passé... comme ça !
Que dire de la performance d'acteur de Bruno Netter : E N O R M E !!!
Que dire du texte qui nous traverse avec une limpidité et une légèreté presque facile, mais qui porte néanmoins toute l'opacité et le poids monstrueux de l'intolérable et de l'inhumanité d'un système qui étouffe les
plus faibles... Sinon un grand merci à tous ceux qui participent à cette belle aventure.
Pascal di Péri - Angers

Quelle(s) présence(s) ! le texte,... cette femme, cet homme, nous jettent à la face, et au coeur, les terribles vérités humaines, finalement pleines d'espoir et d'amour. A voir et à entendre absolument.
Adrien Guy Pérez Yeste - Chinon
Poète et écrivain

Je ne savais pas que j'étais venue voir cette pièce en touriste, mais ce que je sais après l'avoir vue, c'est que j'en suis sortie un peu plus humaine et un peu plus citoyenne du monde. Merci.
Angélica Ducos - Angers

A Angers, avec "Tibi", j'ai vu et entendu une véritable tragédie grecque moderne.
Pierre Ramognino - Angers

Y-a-t-il aujourd'hui une pièce qui soit plus d'actualité que celle-ci ? Et pourtant quelle distance onirique elle prend pour nous montrer le chemin. Cet instant d'art vivant suspend les choses à un futur si "présent" que l'on
est immédiatement transporté à une portée universelle. Un moment rare.
Georges Perron - Angers

Outre les performances artistiques des acteurs qui sont tout à fait exceptionnelles, les messages délivrés et la mise en scène m'ont bouleversée.
Antoinette Degrémont
Présidente de l'ADAC (Association pour la Diffusion des Arts et de la Culture)

L'air de rien, nous touchons là du doigt et de l'esprit toute la cacophonie de la mondialisation outrancière, sans que jamais le ton ne soit apitoyant. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le message passe... et
comment ! C'est remarquable. Enfin du vrai théâtre contemporain !
Antoine Capella - Angers

Comment un personnage aussi loin de nous peut-il apparaître si proche ? Ce doit être la magie du théâtre, du grand théâtre...
Gilbert Pons - Angers

 

Morceau choisi

Tibi
. Cette fois, nous avons atteint la misère absolue. C'est notre chance. L'espoir va renaître. Telle est la loi : descendre jusqu'au plus bas de la désolation, puis remonter. Cette fois, nous pouvons nous dire : plus bas n'existe pas, nous sommes au plus profond, nous ne risquons plus rien.
Merci d'être venus, mesdames et messieurs. Votre agence de voyages vous a dit : "Les plus beaux enterrements, les plus typiques, sont ceux où Tibi officie." Je suis Tibi. Vous serez satisfaits. N'ayez pas peur et soyez sans scrupules. Vous ne serez accusés par personne. Vous venez d'assister à nos enterrements. Pourquoi pas, puisque vous avez versé vos offrandes ? Je ne suis pas de ceux qui vous accuseront. Je n'aime pas qu'on dise : "Morbides spectateurs de la misère et de la mort." A ce compte-là, moi aussi, je vis de la mort. Non. Je ne crois pas que vous soyez morbides. Certains se régalent aux comédies loufoques, certains aiment la danse que j'aime aussi, certains recherchent les spectacles enjoués qui les font rire, d'autres veulent des farces pour se moquer des femmes et des hommes que ces femmes ont trompés. Spectateurs ou touristes, quelle différence ? Vous venez ici pour entendre et pour voir. Ce qui attire, ce sont les grandes tragédies. Ici, je peux vous dire que vous serez servis. Vous préférez un bel enterrement à une gaudriole. Je vous félicite. Touristes où pas, les gens me disent : "Fais-nous pleurer, Tibi. Fais-nous pleurer de vraies larmes de plomb. Je ne me sens jamais en meilleure santé qu'après un bel enterrement."